Le tableau Vertige de Spilliaert a particulièrement capté mon attention, j'y suis tombée dessus en feuilletant un livre d'art.

Vertige.jpg

Une femme en noir, traitée comme une ombre, presque fantomatique, se trouve en haut d'un escalier. Elle semble tétanisée par le vertige, recroquevillée sur elle-même et n'effectue aucun mouvement. Ce tableau nous raconte une histoire et m'a donné à réfléchir sur l'état de l'artiste au moment où il a réalisé cette peinture. Nous pouvons voir que le vent la déstabilise avec son écharpe (ou ses cheveux) qui effectue(nt) un mouvement ascendant vers le haut du tableau, le sol est indistinct, tout semble indéfini avec ce fond noir qui accentue cette incertitude. Elle semble aspirée par le vide, paralysée par la peur, et s'avère être, selon moi, prisonnière du tableau. Lorsque j'observe cette peinture en profondeur, je me rend compte que mon regard est lui aussi pris au piège. Mon œil effectue toujours le même trajet, comme bloqué, coincé par les encadrements du tableau, il ne peut s'échapper, tout comme cette femme.

Il en résulte un côté irréel, étrange, cauchemardesque et même invraisemblable. La peur et l'angoisse sont aussi au rendez-vous avec son atmosphère pesante, et son côté mystérieux. (visage caché, dissimulé, paysage noir) On pourrait penser à un suicide, par exemple...

Cette peinture m'a donc permis de réfléchir sur le thème du désenchantement, de la désillusion. Le désenchantement (constituant une rupture avec un passé harmonieux) est une façon, pour moi, de transformer des événements, (marquants) quelque chose d'agréable qui deviendrait son contraire, d'imaginer des atmosphères. En me servant de ma vie de tous les jours, j'essaye de donner un aspect irréel à tout ce qui m'entoure, puis de transformer cette réalité, de la déformer. Je ne cherche pas à exprimer la réalité telle quelle mais à traduire des sentiments dissimulés grâce à la création d'atmosphères que je pourrais produire. Tout comme cette femme sur un escalier qui représente pour moi bien plus qu'une simple scène de la vie quotidienne, qu'une peinture réaliste. L'artiste cherche à la transformer, sûrement à exprimer ses sentiments à travers cette femme qu'il déforme et stylise à outrance.